Le billet de janvier 2008


L'idée de déjudiciariser le divorce par consentement mutuel n'est ni nouvelle ni seulement française comme le montre cette étude sénatoriale de mars 1998, mais elle a été ré-émise le 12 décembre 2007 par le Conseil de modernisation des politiques publiques, présidé par Nicolas Sarkozy, qui propose que :
pour le divorce par consentement mutuel, lorsque les époux sont d'accord sur l'ensemble des conditions du divorce, le recours au juge ne soit plus nécessaire et qu'il soit possible de procéder, simplement, à un enregistrement de l'acte devant un notaire.

Eh oui, deux adultes à qui personne n'avait contesté le droit de se marier pourraient se voir reconnu celui de se séparer sans juge, ni avocat !
Voilà qui constituerait un changement important. Les conjoints seraient regardés comme des individus responsables, y compris pour organiser l'avenir de leurs enfants. J'ai le sentiment très net d'écrire des évidences mais, malheureusement, tel n'est pas le cas aujourd'hui !

Souhaitons donc que, dans un proche avenir, les Juges aux Affaires Familiales soient déchargés des procédures de divorce par consentement mutuel.
Souhaitons que les JAF mettent à profit le temps ainsi dégagé pour mieux traiter les autres cas de séparation.
Souhaitons qu'ils réalisent qu'un homme qui a choisi d'avoir des enfants, qui a consacré des années de sa vie à les élever et les aimer, et qui demande à continuer de le faire dans le cadre d'une résidence alternée est tout aussi digne d'être écouté qu'une femme qui demande d'avoir les enfants pour elle 12 jours sur 14. Et si ces deux parents n'arrivent pas à trouver un terrain d'entente, que ce soit toujours la solution la plus équilibrée qui prévale.

Souhaitons que l'année 2008 soit celle du respect du droit de nos enfants à vivre avec leurs deux parents, même s'ils sont séparés.
Souhaitons que l'année 2008 soit celle du respect de notre droit, à nous adultes, de nous séparer de notre conjoint si hélas cela est devenu nécessaire, et de notre droit de n'être pas séparé de nos enfants quand ce n'est pas nécessaire.

A toutes et à tous, aux enfants et à leurs parents, nous souhaitons une très bonne année 2008.


Philippe Etienne, correspondant SOS PAPA Finistère
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